Une petite lecture sous les arbres, pourquoi pas?

lecture sous les arbres

Avec l’été qui bat son plein, nous sommes tentées d’être à l’extérieur durant presque toute la journée. Faire l’ouverture dehors, jouer dehors, manger la collation et le dîner dehors, dormir dehors (essayez : c’est magique!) et… lire une histoire dehors. Eh oui!

Chacun de ces moments demande préparation, minutie, mais aussi plus de temps. Dehors, il y a une foule de stimuli et nous ne sommes pas dans le confort de notre local.

Mais si je vous dis que la lecture à l’extérieur vaudra l’effort mis à contribution?

Dans ma pratique, je ne manque pas une occasion de lire dehors. J’essaie de le faire au moins deux fois par semaine, et souvent, même plus! J’ai l’impression que ça aide notre imagination à bien s’envoler avec le vent autour de nous et l’absence de plafond.

Conseils de base

Ce type d’activité requiert les bons outils : un livre, bien sûr, mais aussi, une couverture assez grande pour loger tous nos amis. La couverture vous aidera à déterminer l’espace réservé à la période. Avez-vous une mascotte de lecture? Si c’est le cas, apportez-la avec vous et gardez les mêmes règles et composantes de votre période de lecture qu’à l’intérieur. Tentez de prendre toujours la même couverture. Ainsi, en emmenant votre mascotte, vous pourrez créer une dimension affective à votre période de conte en augmentant le sentiment d’appartenance des enfants de votre groupe.

Une fois à l’extérieur, trouvez un coin d’ombre et placez les enfants dos au soleil pour qu’ils puissent bien voir les images. Pour ma part, je fais enlever les souliers pour être plus confortable lorsqu’on est assis sur la couverture. Mettez-vous à l’abri du vent, il peut être votre pire ennemi, tant pour le froid que pour l’audition et la projection de votre voix.

Étant donné qu’être à l’extérieur donne envie de bouger, proposez une période d’équilibre et de renouvellement des énergies juste avant. Qui a dit que lecture ne se marie pas bien avec la stimulation de la sphère motrice? Pas moi en tout cas… Parce que forcer ces petits humains à s’asseoir alors que l’envie de courir leur donne des fourmis dans les jambes ne mènera à rien de constructif. Donnez-leur une dizaine de minutes pour courir et se dépenser et ensuite faites une petite relaxation avec un contrôle de la respiration. Les enfants seront plus disposés à écouter votre histoire.

Les principes de bases

Assurez-vous que l’activité leur convient et qu’elle répond à leurs goûts, mais surtout à leurs besoins. Il est inutile de forcer un enfant ou un groupe d’enfants à écouter une histoire, cela ne ferait que diminuer l’intérêt pour la lecture. Une planification prévoit toujours une souplesse pour y aller avec la « vibe » des enfants, les questions qu’ils vous poseront et leurs besoins en termes de stimulation. Tout comme la lecture dans votre local, il est important de lire le livre à l’avance pour faire vivre une expérience stimulante aux enfants qui auront le privilège de se faire raconter une histoire par vous. (Placez-vous de petits « post-its » qui vous serviront de guide afin de ne pas oublier les endroits où vous vouliez mettre une emphase, une explication ou poser une question aux enfants).

La nature peut être ton amie, mais aussi ta pire ennemie!

Comme mentionné plus haut, vous n’êtes pas dans le confort de votre local où vous pouvez presque tout contrôler. Dehors il y a le vent, les arbres, le petit tamia rayé qui court sans que vous ne le sachiez, mais qui attire l’attention de vos plus jeunes amis ailleurs que sur vous. Oh! Vous avez oublié la venue du camion de vidange? Les amis ne le manqueront pas eux et ça fera deux pages que personne n’écoute.

Soyez souple, mais aussi stimulante et faites des gestes plus extravagants. Il faut également que vous soyez plus intéressante que tout ce qui vous entoure. C’est là aussi que la sphère affective est stimulée par votre non verbal et les émotions que vous transmettez.

N’hésitez pas à poser des questions aux enfants en allant chercher des anecdotes de leur vie afin de ramener l’attention sur vous et votre histoire. Le combat en vaut la chandelle croyez-moi!

Le livre n’est pas obligatoire

Partez marcher, assoyez-vous à un endroit différent que la cour où les amis sont habitués d’y jouer. Vous êtes partie marcher et l’envie vous prend de raconter une histoire, mais vous n’avez pas de livre? PAS DE PROBLÈME! Regardez autour de vous et utilisez ce qui vous entoure comme décor pour mettre en place une histoire inventée sur le moment. Si vos amis sont grands, demandez-leur des idées. Ensemble vous allez créer la plus belle histoire, la vôtre… en plus de travailler à développer le langage. On travaille fort ici… mais dans le plaisir!

Et à l’automne?

Pourquoi ne pas faire une petite ambiance « cozy » avec de grosses couvertures pour pouvoir écouter une histoire tout en ayant le nez rempli des bonnes odeurs de l’automne? Une petite ambiance chalet et feu de camp (pas un vrai, mais avec un peu d’imagination: l’illusion sera parfaite!) apportera la chaleur qu’il vous faut! (Il y a même des couvertures avec le dessous en plastique dans les magasins à bas prix pour éviter les fesses mouillées!)

Rien n’est impossible!  Il n’y a que la créativité qui vous limite!

Bonne histoire!

Jo-Bouquine
Éducatrice à la petite enfance

Jo-Bouquine

 

Pour poursuivre la réflexion :

  • Lire à des enfants et animer la lecture: guide pour parents et éducateurs de Lina Rousseau et Robert Chiasson aux éditions ASTED.
  • Lire pour votre enfant : technique qui donne vie au langage pour vos tout-petits d’Alison L. R. Davies aux éditions Broquet.

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