Une éducatrice m’a dit être heureuse dans son emploi…

éducatrice

Dernièrement, j’ai approché une éducatrice en milieu familial pour aller tourner des images de ses mousses avec le consentement des parents. Il s’agissait de ma deuxième visite dans son beau service de garde, qui est, soit dit en passant, de qualité exceptionnelle. J’y ai vu des changements subtils, mais oh combien énormes pour les enfants qu’elle accueille, mais aussi pour son bien-être en emploi.

Son horloge ne tient plus l’heure

Dès que j’ai mis les pieds dans son service de garde, cette éducatrice qui s’appelle Annie, m’a dit sur un ton fier : « regarde Mélanie… mon horloge accrochée au mur ne tient plus l’heure et j’ai volontairement refusé de changer les piles ».

Aussitôt, j’ai fait le lien avec une capsule de formation qui se trouve sur la plateforme de Cible Petite Enfance : « Travaillez moins et augmenter la qualité de nos services : c’est le monde à l’envers ! »

J’ai effectivement mentionné dans cette capsule à quel point nous sommes, comme adultes, trop souvent esclaves de l’heure. On se met de la pression inutile pour collationner à 9h00, on restreint les jeux des enfants au parc pour d’assurer d’être de retour pour 11h30 pile afin de dîner, parce qu’il ne faut pas être en retard pour le repos de 13h00! Qui a écrit qu’il ne fallait pas se donner une certaine latitude? C’est vrai qu’en milieu familial, dîner à 11h30 ou midi est plus facile qu’en installation où l’heure du repas est dictée par la responsable alimentaire, je l’avoue. Mais est-ce que 10 ou 15 minutes de plus ou de moins feront réellement une différence?

On oublie que dans le temps, il y a de l’éducation à faire : si on prend 15 minutes de plus à s’habiller, il est vrai que ce temps est perdu en jeux extérieurs, mais il sera gagné sûrement en qualité passée avec les enfants pendant les étapes de l’habillement. Ni pour les éducatrices, ni pour les enfants, le « go, go, go dépêche-toi ! » n’est sain. Alors oui, la pile manquante dans l’horloge est un outil qu’Annie s’est donné pour rester collée aux besoins des enfants.

Un petit escalier en bois sur mesure

Je suis tombée en amour avec un petit escalier en bois construit sur mesure par un menuisier et qui permet aux enfants d’y grimper sans tomber par en arrière. Annie m’a raconté avoir passé cette commande après avoir réalisé qu’il n’est pas nécessaire de planifier de grosses activités de motricité : il suffisait d’intégrer les enfants dans son quotidien.

Voilà maintenant que chez elle, ce sont les enfants qui « lavent leur vaisselle », puisqu’il y a toujours de l’eau savonneuse dans l’évier de droite dans sa cuisine. Les enfants y déposent leurs assiettes et leurs verres, puis à tour de rôle, selon leurs besoins, lavent et relavent la vaisselle! Une tâche de moins à faire pour Annie (qui fini par la mettre au lave-vaisselle, mais ça, c’est entre nous… chut !!!) Avec un beau gros : « merci les amis de m’aider, je l’apprécie ! », elle stimule également la sphère affective en leur faisant ressentir de la fierté.

Tout ça pour un petit escalier en bois tout mignon!

Un bac de bricolage est apparu comme par magie!

Après avoir visionné la capsule de formation : « Le bricolage vu différemment… enfin! », Annie a choisi de tenter l’expérience du bac à la portée des enfants. Depuis, au gré de leurs besoins de créativité et de stimulation de la motricité fine, ses petits mousses vont chercher le matériel de bricolage aussi facilement que la boîte de blocs. Ils s’assoient à la table et créer ce qu’ils veulent, inspiré par les éléments que Annie met à leur disposition dans le bac, qu’elle « rotationne » régulièrement. Le résultat? Elle mentionne qu’elle ne prédécoupe plus des formes et ne fait plus autant de recherche d’idées de bricolage, ce qui l’amène à être AVEC les enfants plutôt qu’à côté d’eux. Ce temps précieux qu’elle passait à « faire à leur place » n’existe plus dans son service de garde. Maintenant, elle s’assoit avec l’enfant qui crée, le questionne et l’accompagne tout simplement.

Son constat…

Annie m’a fait le plus beau cadeau en me disant : « j’aime bien mieux mon travail… c’est plus calme et j’ai l’impression d’être réellement avec les enfants ». N’est-ce pas ça l’essence même de la vocation d’éducatrice à la petite enfance?  Se « grounder » sur les vraies affaires et laisser de côté le superflu?

Chez Cible Petite Enfance, c’est ce que nous croyons. Merci Annie de ton ouverture et merci pour les enfants que tu accueilles d’être une aussi bonne éducatrice!

Mélanie Coulombe
Cible Petite Enfance

Si vous êtes membres de la plateforme, veuillez vous référer aux capsules suivantes :

  • Diminuer nos tâches et augmenter la qualité de nos services : c’est le monde à l’envers!
  • Le bricolage vu différemment… enfin !

www.CiblePetiteEnfance.com

Commentaires