Je, nous, elles… sont à boute! La réalité dans les services de garde…

epuisement

La réalité dans les services de garde, qu’ils soient subventionnés ou non, n’est pas légère présentement (et depuis plusieurs années, oserais-je dire sans trop exagérer!) Manque de personnel, manque d’argent, manque de temps… Comment éviter de se sentir en manque d’énergie, en panne de créativité, en perte de motivation… bref, en épuisement? Comment protéger votre équipe de travail de ce fléau qu’est l’épuisement? Mais surtout, comment vous, gestionnaire d’un service de garde et grande oubliée de tous, vous en sortir sans perdre toutes vos plumes et rendre les armes?

Service essentiel

Une pression énorme plane au-dessus de votre tête comme gestionnaire d’un service de garde.  Vous devez avoir en poste une éducatrice dans chacun des groupes et au moins une cuisinière, sans quoi vous ne pourrez offrir le service pour lequel les parents vous payent. Et qu’est-ce qui arrive dans 99.9% des cas lorsqu’il manque une personne en poste? Vous allez le combler, bien sûr! Vous faites probablement partie de celles qui ont inventé le clonage légal… Vous devenez alors la cuisinière ou l’éducatrice essentielle qui vous permettra de « faire virer rondement » votre installation.

Par contre, vos autres obligations, mises de côté l’instant d’une journée, doivent également être remplies : les états financiers, les horaires, approuver les demandes de congés et signer les chèques de paye… des incontournables qui vous demanderont de rester 1 heure de plus le soir, ou 2, ou 3…

Au bout du rouleau

Dans ce milieu où il faut constamment faire plus avec toujours moins, être partout à la fois et posséder toutes les compétences (y compris celles permettant de déboucher les toilettes), comment s’en sortir sans s’épuiser? Parce que oui, il y a une limite à exiger de son corps et de son esprit. Si vos éducatrices se transforment souvent en pieuvres, alors j’ose dire que vous devenez très souvent des couteaux suisses. Même pour une super gestionnaire de service de garde pleine de ressources, toute cette réalité est lourde à porter!

Avant de se rendre jusqu’à l’épuisement, il faut se surveiller et déceler les signes avant-coureurs : la fatigue intense qui perdure, les maux physiques inexplicables, la perte de motivation, la baisse de créativité, la perte de patience et d’empathie ne sont que quelques symptômes qui vous mettront la puce à l’oreille sur votre état dépérissant. Alors que faire, surtout quand on a l’impression d’être prise dans ce piège infernal du « j’ai pas le choix » de continuer?

S’arrêter!

Dans ce milieu où il faut toujours aller plus vite, ne jamais lâcher sous peine de perdre le contrôle, le fait de prendre le temps de s’arrêter apparaît impossible. Mais voyons les choses autrement : si vous aviez à sauter par-dessus un ravin, vous devriez vous arrêter, analyser la situation, puis reculer d’un pas ou deux dans le but de prendre de l’élan… C’est la même chose avec l’épuisement. Le fait de s’arrêter pour voir d’où il provient et comment il nous affecte le plus est probablement l’étape la plus importante dans ce processus d’autoprotection psychologique.

Analyser son environnement

Il faut alors se poser des questions essentielles : dans quel état est mon équipe de travail? Il est clair que si vos éducatrices tombent au combat parce qu’elles ne peuvent prendre de congés ou parce qu’elles se sentent démunies face aux défis particuliers de certains enfants, alors il est fort à parier que cela aura des impacts sur vous comme gestionnaire. Et si tout ce beau monde est fatigué, comment se comporteront vos chères petites éponges d’émotions, c’est-à-dire les enfants? Mal probablement… ce qui fatiguera encore plus votre équipe et vous-même par la même occasion.

Alors il ne sert à rien de juste travailler sur vous, de tenter de vous reposer la fin de semaine et d’enfiler café par-dessus café. Il faut penser également analyser l’état psychologique, l’état de vos employés et des enfants. Bougent-ils suffisamment? Sont-ils assez stimulés? Sont-ils encadrés de la bonne manière? Et là, je ne parle pas juste des enfants… mais de tout le beau petit monde qui constituent votre service de garde, vous y compris!

Alors, prenez une bouchée à la fois, acceptez de faire un pas de recul pour analyser la situation de fatigue qui a élu domicile entre les murs de votre installation. Parlez-en, mettez en place des stratégies de protection pour tous (enfants, employés et cadres), puis prenez l’élan nécessaire pour sauter de l’autre côté, où plaisir et légèreté ne sont peut-être pas très loin.

Bonne démarche !

Mélanie Coulombe
Cible Petite Enfance

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