Ce temps des fêtes sous le thème de la COVID…

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Y’a pas de Père-Noël qui vient au service de garde cette année. Ah zut!

On doit rester dans notre bulle donc pas de dîner de Noël collectif. Comme c’est triste!

Il est impossible d’aller voir une pièce de théâtre de Noël. Quelle déception!

Que faire alors pour souligner le temps des fêtes? Qu’est-ce que je permets? Qu’est-ce que j’interdis?

Comme gestionnaire d’un service de garde, on s’entend pour dire que vous en portez lourd sur vos épaules cette année! En plus d’avoir comme objectif de toujours mettre l’enfant au cœur de vos priorités, vous devez jongler avec plusieurs (trop de…) « balles à l’effigie de la COVID », soient celles où :

  • Vous devez toujours vous assurer de prendre les meilleures décisions concernant la santé de tous – enfants, employées, parents.
  • Vous tentez de répondre adéquatement à toutes les questions qu’on vous pose, même celles dont vous ne détenez pas de réponses claires.
  • Vous souhaitez paraître constamment en contrôle de la situation de crise mais aussi, et surtout, de vos émotions.
  • Vous devez prouver votre efficacité en tant que gestionnaire, mais aussi votre humanisme.

Est-ce exagéré de dire que le défi à relever présentement – et depuis mars 2020 – est immense, voire inhumain?

Et là, avec décembre qui se pointe, vous vous faites demander par votre personnel éducateur : « Qu’est-ce qu’on fait cette année pour le temps des fêtes? ». Ben oui, la vie continue! Avec un masque et du Purell, mais oui, la vie continue!

Que dire? Là est la question…

Et si on faisait TOUT autrement au lieu de tenter désespérément de recréer ce qui n’existe plus? Je vous donne un exemple. Lorsque mon plus jeune a reçu le diagnostic de la maladie cœliaque, on lui a acheté du pain à déjeuner sans gluten. Il a donc pu continuer à manger ses 2 toasts « beurre de peanut » comme il l’avait toujours fait depuis presque toujours. Oui… mais non… Le constat est que ce nouveau pain est dur comme une brique, goûte le carton et ne grille pas. Il n’aimait donc plus autant ses déjeuners, perdant par le fait même tout plaisir à manger ce repas pourtant si affectionné par le passé. Il a alors été confronté à deux choix : manger ce pain grillé en étant déçu à chaque matin ou faire le deuil de ce type de repas et choisir à la place un yogourt et des noix.

Revenons maintenant à votre réalité en service de garde. Le constat est qu’il n’est plus possible de célébrer le temps des fêtes comme les autres années. Deux choix s’offrent à vous : inviter un Père Noël en lui refusant l’accès aux enfants, offrir un repas spécial mais le manger sans changer la routine habituelle, improviser une sortie sans faire sortir les enfants… en étant fort probablement déçu des résultats… parce que ce ne sera JAMAIS comme ça l’était les autres années. Même avec toute votre bonne volonté de gestionnaire, même avec toute la créativité de vos éducatrices, les choses sont différentes.

Alors pourquoi ne pas juste tenter un petit yogourt et noix???

Ce que je veux dire, c’est qu’il est possible de faire le deuil de ce qui a été et de construire complètement autre chose. Est-ce qu’il faut vraiment un Père Noel, un dîner collectif et un spectacle pour souligner le temps des fêtes? Sûrement pas! Ça nous prend une seule chose par contre, un incontournable, c’est la magie.

Aucun masque ni aucun Purell de ce monde nous a enlevé la magie reliée au temps des fêtes. Pourquoi? Parce que la magie se retrouve dans les gens de cœur. Regardez en vous, regardez autour de vous : ils sont là les gens de cœur. Ils se dédient à chaque jour aux enfants, les mettent en priorité, les rendent meilleurs. Elle est là la vraie magie!

Et si cette année on faisait différent en délaissant un peu le savoir-faire et en misant sur le savoir-être? Offrir aux enfants ce que l’on peut aujourd’hui et non pas ce que l’on devait l’an passé: la douceur, le calme, l’amour. C’est par là que la magie opère. Manger de la dinde, ce n’est pas ça que les enfants retiendront de leur moment passé au service de garde : ce sera l’ambiance, le plaisir d’être avec leur éducatrice, de la voir souriante et festive et non pas débordée par un repas pseudo collectif régie par les règles de la santé publique! Et si cette année, on se sentait léger et qu’on le faisait vivre aux enfants?

Et si vous, comme gestionnaire d’un service de garde, vous vous offriez en cadeau un peu de douceur. Vous le méritez vous aussi!

Joyeux temps des fêtes différent! Pour le mieux, qui sait?

Mélanie Coulombe
Cible Petite Enfance

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