Covid 19 et bienveillance : comment en faire des complices?

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Il y a eu la première vague de la Covid qui s’est abattue sur le monde. Par la suite, nous avons accueilli à bras ouverts une toute petite pause où on a pu reprendre notre souffle imperceptiblement. Nous voilà maintenant replongés, sans faire de mauvais jeu de mots, en plein cœur de la deuxième vague qui dure… qui perdure! Malgré votre couvre-visage et vos lunettes de plastique égratignées, vous voyez très clairement autour de vous des parents à fleur de peau, des enfants plus agités ainsi que vos collègues qui ont de la broue dans l’toupet (pour ne pas dire de la brume dans les lunettes!).

Mais qu’en est-il de ces fameuses souffrances engendrées par la Covid-19? Plus précisément, comment vont les parents et leurs enfants qu’on vous confie matin après matin? L’équipe de l’Observatoire des tout-petits s’est penchée sur la question et voici les constats :

C’est sans grande surprise que l’on apprend que le stress s’accumule au sein des familles. Plus encore, selon la dernière étude de Morneau Shepell, les parents sont ceux dont la santé mentale est la plus affectée depuis le début de la crise, affectant par le fait même le développement des tout-petits. Triste constat!

Voici maintenant quelques chiffres qui assombrissent le portrait encore davantage, si cela est possible :

52% des parents affirment que la pandémie aura eu un impact négatif sur leur enfant. Ils ont d’ailleurs observé des changements sur le comportement de leur tout-petit :

  • 39  % des parents d’enfants de 0 à 5 ans ont observé que leur enfant était plus souvent irritable ou prompt à faire des colères qu’avant la pandémie;
  • 34 % des répondants ont indiqué qu’ils ont observé que leur enfant était plus agité qu’à l’habitude pendant la pandémie;
  • 23 % ont mentionné qu’ils ont observé que leur enfant pleurait plus souvent.

À vue de nez, arrivez-vous à de tels constats, chères professionnelles à la petite enfance?

C’est là qu’entrent en jeu certains concepts humanistes. Pour l’heure, concentrons-nous sur un seul si vous le voulez bien : la bienveillance. Selon le Larousse, la bienveillance est une disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui. Ayayaille! Facile à dire de demeurer indulgent lorsqu’on est soi-même plus stressée, plus fatiguée et donc plus sensibles. Ajoutons à cela la réalité de votre profession qui vous amène à travailler avec et pour des humains. Ces mêmes humains qui ressortent dans les statistiques comme étant fragilisés eux aussi, ce qui vient ajouter une couche supplémentaire à votre « crémage » de défis professionnels à surmonter. Mais en agissant avec bienveillance, la lourdeur psychologique s’amoindrit :

  • Un enfant pleure plus souvent? C’est normal, il vit du stress… Assurez-vous de ne pas le contaminer inconsciemment avec le vôtre et acceptez simplement cette situation en prenant le temps de miser sur le lien d’attachement plutôt que sur la fameuse super activité méga géniale que vous songez à préparer.
  • Un parent se montre impatient avec vous? Ça s’explique probablement par le stress qu’il vit… Prenez garde à ne pas prendre sa réaction de façon trop personnelle. Respirez un grand coup, souriez-lui et dites-lui : je comprends ta réaction.

Ces deux exemples de réactions s’avèrent professionnels et empreints de bienveillance. Non, ce n’est pas toujours facile à refléter mais dans la très grande majorité des cas, moins on répond émotivement à ce genre de réaction négative, plus on obtient de bons résultats concernant l’attachement. En bonus, démontrer de la bienveillance au quotidien avec les enfants, leurs parents ainsi que vos collègues de travail vous « immunise » contre les effets pervers de la pandémie.

Alors faute d’avoir accès à des vaccins actuellement, je vous invite à vous protéger contre les répercussions des statistiques présentées précédemment. Et la raison est bien simple : c’est que votre mission en tant que professionnelle à la petite enfance est d’assurer le plein développement de vos petits mousses. Vous y arriverez d’abord en prenant soin de votre propre santé mentale, ce qui vous permettra, par la suite, d’accueillir avec bienveillance les gens qui vous côtoient professionnellement.

Mélanie Coulombe
Cible Petite Enfance

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