Madame, votre fille est douée! (première partie)

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« Madame, votre fille est douée! » C’était en octobre 2017. Encore aujourd’hui, ces mots raisonnent dans ma tête de maman. Lorsque la psychologue les a prononcés, j’ai pleuré. Vous auriez cru le contraire n’est-ce pas? « Bah! De quoi elle se plaint celle-là! Sa fille est surdouée et elle pleure? C’est se plaindre le ventre plein non? » Eh bien non, justement, parce que pour ma fille, malheureusement, douance rimait avec souffrance.

Un bébé plein de potentiel 

Comme bien des bébés, ma fille a prononcé ses premiers mots vers 11 mois. C’est par la suite que le décalage, surtout au niveau du langage, s’est accentué avec les autres enfants. Quand elle a commencé à parler… elle parlait! Je la revois encore chanter très clairement du Joe Dassin dans le salon du haut de ses 18 mois : « On s’est aimés comme on se quitte… » Mais bon, pour moi, tout était normal. Ma fille était ma première enfant.  Je n’avais pas de comparatif. Oui, elle parlait plus que les enfants de mes amies, mais elle était TELLEMENT maladroite et peu coordonnée dans ses mouvements, que je me disais qu’elle avait probablement développé ses capacités langagières au détriment de ses habiletés motrices. Naïvement, je croyais que ça finirait par s’équilibrer avec les années.

L’enfant volubile du service de garde

Ma fille a fait son entrée au service de garde à l’âge de 4 ans. C’était la première fois qu’elle devait passer des journées entières avec des amis. Avant ça, des amis, elle n’en avait pas. Lorsqu’on accueillait de la visite à la maison et que tous les enfants allaient jouer dans la salle de jeu ou à l’extérieur, ma fille restait presque toujours avec nous, les adultes. Elle participait à nos conversations et avait l’air d’une petite madame lorsqu’elle nous donnait son opinion sur un sujet d’actualité! Un jour, je lui ai demandé pourquoi elle n’allait pas jouer avec les autres enfants. Sa réponse m’avait laissée perplexe : « Maman, c’est parce que les amis, ils ne comprennent pas mes jeux et ils ne comprennent pas toujours mes mots quand je parle. » J’avais oublié de vous dire que le niveau de langage de ma fille dépassait alors largement celui des autres enfants du même âge. Son passage au service de garde fut, disons… mémorable. Manon, sa plus que merveilleuse éducatrice, pourrait vous en parler longuement! Ses relations avec ses pairs étaient difficiles parce que déjà, malgré son jeune âge, ma fille avait compris qu’elle était différente et elle en souffrait, secrètement.

Passionnée de lecture

Il faut dire qu’à quatre ans, elle lisait et se pratiquait à écrire en lettres attachées. L’apprentissage de la lecture, elle l’a fait toute seule d’ailleurs! À l’école où j’enseignais, des collègues enseignantes m’avaient conseillé d’arrêter de répondre à ses questions concernant la grammaire et l’orthographe parce qu’elle allait vraiment s’ennuyer une fois à l’école. Mais ma fille apprenait seule! Sans que je n’intervienne! Elle était passionnée! Qu’aurais-je dû lui dire? Cesse d’apprendre ce qui te passionne? Impossible.

L’entrée à l’école primaire… l’arrivée de la solitude

À la maternelle, elle lisait les petits livres de sa classe. En première année, ma fille lisait déjà des mini-romans. En deuxième année, elle avait déjà lu, que dis-je, dévoré les sept tomes d’Harry Potter! Si petite avec de si gros romans entre les mains! Sans grande surprise, elle s’est rapidement ennuyée en classe. Exiger qu’elle se lève le matin pour aller à l’école était périlleux: « Maman, je n’apprends rien à l’école! » Ses résultats académiques étaient irréprochables, mais les enseignantes me signalaient que ma fille semblait triste et qu’elle ne participait pas beaucoup. L’école nous a demandé l’autorisation de lui faire sauter une année puisqu’elle ne relevait aucun défi. Ma fille était d’accord. Heureuse même. Elle allait enfin apprendre! C’est à partir de ce moment que les jeunes se sont mis à la traiter de « nerd », de « bolée ». C’est méchant parfois des enfants. Surtout lorsqu’ils sont confrontés à la différence. Ma fille a passé presque tout son primaire seule dans la cour d’école. Pendant que les autres élèves s’amusaient dans les modules de jeux, elle pensait plutôt aux concepts de la vie et de la mort, à l’environnement et à la pollution, à la famine et à la guerre dans le monde.

L’école secondaire… la souffrance s’installe

Les années ont passé. L’entrée au secondaire n’a rien changé. Pour passer le temps, elle a appris le Japonais et quelques bases de Coréen de façon autodidacte. Elle a commencé à travailler. Mais sa souffrance, elle, a continué de grandir. Ma fille n’en pouvait plus. Nous sommes allées consulter. Les résultats du test de Q.I. étaient sans équivoque. Ma fille était une THPI ou très haut potentiel intellectuel. Enfin, nous pouvions mettre des mots sur le mal-être qu’elle vivait, mais surtout, nous pouvions l’accompagner à aller mieux! C’est ainsi qu’elle a sauté une deuxième année scolaire au secondaire. Elle avait besoin de défis! Elle est ensuite entrée au Cégep, du haut de ses 15 ans.

Aujourd’hui… l’acceptation

La confirmation de sa douance a tout changé. Ça lui a donné des ailes. Tranquillement, elle apprivoise ce cerveau en pleine ébullition qui lui en fait vivre de toutes les couleurs. Elle a longtemps voulu nier qu’elle était douée. Elle voulait juste être comme tout le monde. Mais maintenant, à 18 ans, elle accepte sa différence ou presque 😉.

Je lui ai demandé sa permission pour écrire ce blogue. Elle a accepté. Je lui ai ensuite demandé si je pouvais nommer son prénom. Elle a accepté. Ça… je n’aurais pas gagé 😊 !!! C’est signe que tu continues de grandir ma belle Léane. Je t’aime tant! xxx

Geneviève Savoie
Cible Petite Enfance et maman de la belle Léane

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