La charge mentale : quel niveau faut-il accepter dans notre vie?

Thoughtful stressed woman with a mess in her head

La charge mentale : quel niveau faut-il accepter dans notre vie?

Elle est bien là, mais on ne la voit pas. Elle est bien là, mais on n’en parle pas. Elle est bien là, ancrée dans notre société qui va de plus en plus vite, le portable tatoué sur la main. La charge mentale se ressent et vient miner notre niveau d’énergie, notre niveau de présence émotive et, possiblement, notre niveau de motivation professionnelle. Mais vous savez quoi? On n’en parle pas…

 

Sa définition

La charge mentale serait la capacité de maintien et de traitement des informations d’ordre personnelles, professionnelles ou domestiques.  En fait, tout se joue dans le cerveau et permet la réussite d’apprentissage et de résolution de problèmes en mettant en jeu les capacité de stockage de l’information.

 

Il y a un éléphant dans la pièce

Ce qui est vraiment étrange, c’est que la charge mentale prend énormément de place dans vos vies en tant que professionnelles et professionnels à la petite enfance (éducatrices et éducateurs, gestionnaires, responsables en alimentation, etc.), pourtant, on ne la nomme jamais. On dit : « Je me sens à boutte, j’en peux plus, je trouve ça difficile! » mais jamais on mentionne : « La charge mentale due à mon travail est énorme et me gruge à petit feu! »

Pourquoi n’avons-nous pas le réflexe de nommer, voire même d’accuser la charge mentale?  Simplement parce que nous ignorons être atteinte ou atteint de ce « mal ».  Encore faut-il reconnaître les signes de sa présence au quotidien.

 

Des exemples de charge mentale

Pour une éducatrice ou un éducateur : planifier une sortie au parc pour la semaine prochaine et penser dès aujourd’hui à la réaction de Nathan qui, généralement, refuse de revenir, de quitter l’endroit lorsqu’il est temps de revenir au service de garde. Cette appréhension mène donc à des actions éducatives en amont : mentionner à Nathan qu’il y aura une sortie au parc bientôt, lui exprimer clairement les attentes quant au retour, lui préparer des pictogrammes montrant les étapes de l’activité, dont un qui lui présente le retour, prévoir un time timer pour le situer dans le temps, penser à amener une poussette au cas où il ferait une crise qui le fatiguerait au point où il serait incapable de marcher pendant le trajet du retour, etc.  Et tout ça, ajouté à toutes les autres tâches à faire et à ne pas oublier de faire.

 

Pour une ou un gestionnaire d’un service de garde éducatif : recevoir cinq demandes de congé pour la semaine prochaine mais être en mesure de n’en accorder qu’une seule. Ainsi, cette simple situation mène à l’appréhension de devoir l’annoncer aux personnes concernées, savoir que l’on va les décevoir, penser qu’il faudra faire une autre offre d’emploi même si les dernières n’ont rien donné de concluant, penser à ce qu’il va arriver s’il y a un bris de service possible, planifier de mettre des tâches de côté au cas où il faudrait aller remplacer quelqu’un sur le terrain.  Et tout ça, ajouté à son cerveau déjà plein!

 

Pour une ou un responsable en alimentation : accueillir un nouvel enfant aux prises avec une allergie sévère au gluten. Ainsi, ressentir à chaque seconde le risque de le contaminer avec la farine qui flotte dans l’air ou avec la cuillère de bois poreuse et potentiellement mal lavée. Imaginer le sentiment que l’on ressentirait s’il arrivait malheureusement le moment où une erreur serait commise et que l’enfant en question ait mal au ventre ou vomisse par sa faute. Se dire que l’on doit aller chercher davantage d’information à ce sujet mais ne pas avoir le temps. Et tout ça, ajouté tous les nouveaux apprentissages à retenir.

 

Une roue sans fin

Peu importe le type d’actrice ou d’acteur vous êtes en service de garde éducatif, le constat est le même : la charge mentale ne se calcule pas en termes de temps monnayable. La charge mentale ne se voit pas des autres qui vous regardent travailler, parents inclus. Non! La charge mentale se vit dans une très grande solitude. Elle s’ajoute aux tâches à faire au quotidien et nous suit même à la maison après le travail. Elle apporte de la lourdeur aux sphères professionnelle et personnelle par ricochet.  Elle ne laisse jamais votre cerveau se reposer.

 

La question à 100 $

Pourrait-on et devrait-on faire disparaître complètement toute trace de charge mentale? La réponse est simple : non! Pensez-vous que l’éducatrice ou l’éducateur qui ne réfléchit pas à l’avance à la sortie au parc avec Nathan est aussi apte à l’accompagner dans son développement que celle ou celui qui a planifié avec lui des actions éducatives en amont? Sûrement pas. Ainsi donc, la charge mentale, c’est comme le bon stress : elle permet de nous mettre en action de façon efficace. Par contre, lorsqu’elle dépasse un certain stade ou une certaine lourdeur, elle nous ralentit ou nous immobilise lors d’un épuisement psychique et physique.  Plus encore, la nervosité, les absences, les trous de mémoire, l’irritabilité, l’augmentation des disputes et des rancœurs peuvent s’immiscer dans votre vie sans même que vous en preniez conscience.

 

Compte tenu de la nature de votre travail auprès des enfants, il est nécessaire de faire un « time out » pour vous pencher sur votre niveau de charge mentale.  Si vous constatez que vous êtes proche de la surcharge, alors déposez tout ce que vous avez à faire sur papier.  Ainsi, cette « to do list » vous permettra d’évacuer certaines obligations momentanément et de vous reposer sur autre chose que votre cerveau pour soutenir votre mémoire.  Le fait de déléguer certaines tâches ou certaines choses à ne pas oublier de faire amène également plus de légèreté sur le plan cognitif.  Tout ceci, dans le but évidemment, de maintenir une bonne santé mentale et de reconnecter aux petits bonheurs quotidiens liés à la simple présence des enfants.

 

N’hésitez surtout pas à consulter toutes nos capsules de formation et ainsi vous donner les moyens de mieux vivre avec votre rôle auprès des enfants!

 

Pour poursuivre vos lectures sur le sujet,cliquez ici!

 

 

Mélanie Coulombe

 

Commentaires